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Le blog d'un maître de conférences en sciences de l'information. Réflexions, analyses, signalements, opinions. "Where is the Life we have lost in living? Where is the wisdom we have lost in knowledge? Where is the knowledge we have lost in information?" T.S. Eliott, in Choruses from The Rock (1934) Where is the information we have lost in Google ? Enseignant-chercheur en colère contre la LRU : les présidents d'université ne parlent pas en notre nom ! Pour une université collégiale et indépendante des pouvoirs, agissons : http://sauvonslarecherche.fr/ et http://www.sauvonsluniversite.com/
Mis à jour : il y a 22 heures 35 minutes

Le petit lien du week-end : une blague de chercheur, par des chercheurs, pour des chercheurs.

ven, 10/10/2008 - 08:34

Ah ben là j'avoue que j'ai bien ri (en même temps je suis plutôt bon public). Prenez donc tout plein d'experts, enfermez-les dans un bureau en leur demandant de plancher sur un nouveau logo pour le CNRS. Vous obtiendrez ça. Extasiez-vous, exclusivitivisez-vous sur Tf1, autocongratulez-vous et promotionnez-vous. Après tout vous l'avez bien mérité. 

Maintenant, retournez-le, et vous lirez ça. 

Maintenant rappelez vos experts, et foutez leur votre pied au CNRS, pardon au CULS :-)
(Via SLR)

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"Political Streams" ou du classement comme représentation.

jeu, 10/09/2008 - 15:38

Microsoft via ses "labs" lance son interface de visualisation en temps (quasi)réel des tendances, politiques en l'occurence. Cela s'appelle Political Streams et vous propose de voir quels sont les "gens", les "articles" (presse), les billets (blogs), et les pays qui sont au centre de "l'attention" planétaire. L'ensemble s'appuie sur les contenus de Freebase. Tout laisse penser que l'actuel Political Streams se déclinera bientôt sous d'autres formes : Society Streams, Sports Streams, etc ... C'est en tout cas ce que l'on se dit en parcourant la page du projet. On note enfin pour ceux qui n'en seraient pas encore convaincus, que la visualisation, que le rendu visuel en un espace étroit (mais dynamique) d'un ensemble gigantesque de données, est sinon l'avenir, à tout le moins une piste très très très explorée par les différents moteurs de recherche. Les autres projets qui occupent la une des LiveLabs - Seadragon, Photosynth - sont pour l'essentiel dédiés à la représentation de larges corpus en temps réel pour en dégager des motifs, des patterns, des tendances. Voilà pourquoi les classements, tous les classements (de celui de Shangaï à celui de Wikio), passionneront toujours les scientifiques, tous les scientifiques. Parce que toutes les visualisations, toutes les représentations, débutent toujours par un classement. Parce qu'un classement, c'est le début, c'est le niveau 1 de la représentation (le degré zéro de la représentation étant celui de la liste - cf Goody). Un classement est déjà plus, beaucoup plus que la simple liste dont il conserve pourtant l'apparence. Un classement c'est la mise en place de principes dynamiques d'organisation qui révèlent du sens (quand les classement sont bien faits) plutôt que de nous le laisser le construire seuls avec nos listes, ou qui ne révèlent qu'eux-mêmes (quand les classements sont mal faits).

(Info initiale repérée sur DataMining)

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Quand on veut ...

jeu, 10/09/2008 - 11:12

... on peut. Moralité : mettez de l'atome dans vos formations.

(Via EducPros)

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Mon Web Appeal est de 67%

mer, 10/08/2008 - 16:55

C'est pas moi qui le dis. C'est une enquête sociologique dont je suis le héros. La preuve en image.

Vous aussi vous voulez jouer ?
Blague à part, c'est une vraie enquête sociologique, menée par Dominique Cardon, avec l'aide d'Orange Lab, de Faber Novel et de la Fing (+ de détails ici). Donc c'est pour la bonne cause, et en plus c'est une belle réalisation multimedia.

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Technologies de l'artefact et traçabilité "positive" : l'écriture dans le ciel est-elle soluble dans l'informatique en nuage ?

lun, 10/06/2008 - 13:57

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Où il est question de "technologies de l'artefact", "d'éthique hacker", de "perte du sens", "d'intelligence des données", de "traçabilité positive" et de quelques autres babioles ...
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Ecrans nous offre un beau panorama d'outils relevant du champ des technologies de l'artefact. Fake is a Fake vous permet de détourner (presque) n'importe quel site officiel. L'outil est à la fois robuste et astucieux : il utilise la plateforme Wordpress avec des thèmes (gabarits) reprenant la charte graphique des grands quotidiens (Le Figaro, New-York Times ...) de sites institutionnels (Maison Blanche, Elysée ...) ou événementiels (Pékin 2008 ...).
Dans une autre catégorie, permettant celle-là d'atténuer les technologies de l'artefact par le développement d'une heuristique "technologisée" de la preuve, Logo-Wiki (qui s'inspire de Wiki Scanner) permet de suivre les "Big brother Editors" de Wikipedia, en remplaçant le logo de l'encyclopédie, par celui de la compagnie ou de l'institution à l'origine d'une modification d'article. Pour une démo, voir ici.
Et donc ??
Tout cela fait écho a ce qui s'est raconté lors des dernières rencontres d'Ars Industrialis et notamment à l'intervention d'Alain Mille : il est (heureusement) encore possible d'inventer une ingénierie "positive" de nos traçabilités numériques. Echo également à l'intervention de Peter Norvig indiquant que l'avenir était à une formule du web contenant de moins en moins de "code" et de plus en plus de "données" (le fameux "less code, more data"). Or seul le code, seule l'écriture peut donner "un" sens à l'alignement et à l'empilement des données. Leur seul recoupement ne leur confère que "du" sens, différemment interprétable, différemment "compilable", différemment instrumentalisable, et en tout cas seulement lisible de ceux qui peuvent et pourront disposer d'une agrégation, d'une représentation suffisamment vaste desdites données. Donc accepter de se priver du "code", de le laisser tomber en désuétude, reviendrait - pour nos sociétés numériques - à s'interdire l'écriture et tout ce qu'elle autorise : le détournement parfois, l'explicitation souvent. Et à l'heure où le web se dirige effectivement vers une "intelligence des données", il faut redonner ses lettres de noblesse à l'écriture, au code. A ce titre, le rôle des Hackers est tout à fait salutaire. Ils disposent pour l'instant d'une maîtrise suffisante du code pour interpréter les données d'une manière "différante". Ce faisant, ils offrent une alternative à la fois possible et crédible - parce qu'incarnée - à l'agglomérat mainstream de données dans lequel nous engluent chaque jour davantage les multinationales du net, dans lequel nos pratiques, coupées de l'écriture, nous engluent tout autant. Et c'est probablement dans cette articulation complexe que le Web 2.0 prend sa vraie mesure : en nous offrant des outils nous permettant de ne nous soucier que des contenus, il nous conforte dans l'illusion d'entretenir une écriture alors que nous n'entrons que des données. Web2dizzaster (également repéré par Ecrans) illustre parfaitement ce paradoxe : quand les contenus s'effaceront, quand les données s'effondreront sous leur propre poids, seule subsistera l'écriture, le code. Mais cette écriture en sera réduite à sa plus simple expression : elle ne sera plus qu'ornementale. Et il y aura longtemps qu'en acceptant d'en perdre la maîtrise, nous en aurons perdu la profondeur, nous en aurons perdu le sens.

Et donc pour résumer le tout en une deux trois phrases ? Il faut que le Skywriting (et pas seulement académique ou universitaire) trouve sa place dans l'univers du Cloud Computing. Que "l'écriture dans le ciel" rivalise de présence avec "l'informatique en nuage." Attendons nous sinon, à de très fortes précipitations dans la manière dont nous y prêterons (notre) attention, dans la manière dont cela modèlera toute une économie de l'attention.

// Temps de rédaction de ce billet : 45 minutes //

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Top 50.

lun, 10/06/2008 - 03:12

Le nouveau classement Wikio d'Octobre est sorti. Paris-MatchBlog fait sa une sur "Affordance : la fin d'une suprématie", France SoirBlog préfère pointer les causes structurelles du phénomène en mettant à la Une "La crise des subprimes backlinks." De son côté, Closer Blog préfère jouer la carte trash, jugez-vous même : "Le professseur Aixtal : les mains dans le classement, la tête dans la pastis." Bref, voilà donc 8 mois qu'Affordance occupait la tête du classement "Science" (en fait depuis la création du classement Science). Imaginez un peu : 8 mois, 32 semaines. Même Lou Bega, recordman historique du Top 50 avec son Mambo n°5 n'avait pas fait mieux, se contentant de 20 semaines de présence en tête des ventes (je le sais, j'ai vérifié). Et soudain c'est le drame. Depuis le classement d'Octobre 2008, Affordance est numéro 2. Ce qui est naturellement impensable. Je ne conçois pas l'activité scientifique en dehors d'une surexposition médiatique constante et d'une compétition acharnée dans la course à l'info. Le résultat donc, c'est qu'Affordance ne pouvant dignement se contenter d'un poulidorisme bloguesque va entamer sa mue et changer de thématique afin de conquérir une nouvelle première place : celle des blogs de mytiliculture. La rubrique devrait être inaugurée le mois prochain dans Wikio. Amis mytiliculteurs, tous à vos blogs et que le meilleur gagne.

<Blague à part> Jean Véronis a fait un gros boulot de mise à plat de l'algorithmie Wikio. La blogosphère entière bruisse encore des débats agitant les principes de ladite mise à plat. Le mieux est donc encore de se reporter directement à ses billets (1 et 2). Sur le fond, je regrette et déplore depuis déjà longtemps (voir ici, ou ) que les rétroliens qui constituèrent une vraie révolution dans l'écologie de l'hypertexte "grand public" soient aujourd'hui quasiment tombés en désuétude. La faute aux spammeurs bien sûr, mais aussi (et peut-être surtout) aux plateformes de blogs (dont celle qui m'héberge) qui ont rendu cette pratique concrètement inexploitable en bloquant et en compliquant à l'extrême jusqu'à leur possibilité d'existence. Bref, il serait appréciable de remettre au goût du jour cette pratique de trackback équitable. </blague à part>

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God Save the Cloud (computing)

dim, 10/05/2008 - 10:32

Quelques ressources et réflexions en vrac à propos d'informatique dans les nuages (Cloud Computing).

  • ReadWriteWeb nous offre un billet sur les 5 tendances (trends) du Cloud Computing : (1) des serveurs "blades", en français "lames" (c'est à dire des serveurs dont a été viré tout ce qui est "inutile", afin d'optimiser leur puissance ... si vous avez une traduction française du terme ... je prends :-), (2) une fonctionnement plus écologique (le cloud computing et ses immenses "fermes "de serveurs et autres Data Centers sont très gourmands en énergie ... premier concerné et premier à réagir : Google), (3) Virtualisation (au sens informatique du terme), (4) passage à l'échelle (pour gérer l'inflation des données portées en ligne ... ils 'agit de pouvoir gérer plusieurs péta-octets de données), (5) équipement Linux comme couche de base (aujourd'hui et d'après l'étude citée, un serveur sur 5 tournerait sous Linux)
  • Le Guardian rappelle le point de vue de Richard Stallman sur le sujet, qui est pour le moins sans ambiguité. "C'est pire que de la stupidité", pointant le risque énorme qu'il y a à confier systématiquement nos données à des systèmes qui - même s'ils sont "ouverts" en consultation et en dépôt - restent, par nature, propriétaires. Stupide donc, ET dangereux. A croiser avec le billet "Démocratisation des données" d'Hal Varian (économiste en chef chez Google), qui est un plaidoyer pour que les entreprises (spécialement les petites et moyennes), usent et abusent de la délagation de services que rend possible Google. A terme, c'est un vrai risque de dépendance informationnelle qui se profile.
  • Le prochain OS de Microsoft pourrait s'appeler "Windows Cloud". C'est en tout cas ce que confie Steve Ballmer au Register : "We’re not driving an agenda towards being service providers but we’ve gotta build a service that is Windows in the cloud". Une manière désormais stratégiquement incontournable pour Microsoft d'achever sa mue vers un OS au moins autant en ligne que sur des machines locales. Plus précisément, ce sont deux logiques convergentes parce que diamétralement opposées qui se dessinent chez les deux géants Google et Microsoft. Google offre "naturellement" la totalité de sa gamme applicative en ligne, avec la possibilité d'une synchronisation (Gears) laissant encore possible la survivance de comportements et de consultations dé-connectées. Microsoft offre tout aussi "naturellement" une gamme logicielle "locale" avec la possibilité d'une équivalence partielle en ligne afin de cannibaliser les comportements et les consultations connectées. C'est l'idée d'un "light editing" permettant d'éditer dans des applications en ligne tout ou partie d'un document, l'essentiel (ou le reste) du document, restant édité localement. Conclusion ? Ca vaudrait peut-être le coup que la bande à Roger se remette au travail sur ces sujets, pour nous aider à penser la granularité documentaire dans une globalité réticulée d'instanciations et de comportements dont elle est désormais indissociable.
  • Précipitez-vous sur la dernière conférence d'Hervé Le Crosnier à l'EBSI. Vous en sortirez plus intelligent et surtout vous contribuerez à faire exploser les serveurs de l'EBSI, ce qui permettra à un passionnant débat de rebondir, débat que l'on peut résumer comme suit : les institutions doivent-elles céder à l'extraordinaire facilité du "Cloud Computing par délégation", si non, de quels autres choix disposent-elles, et si oui, quel est le risque ? Cette question apparaît effectivement centrale : l'informatique distribuée permet aujourd'hui (et ça ne va pas s'arranger demain), d'institutionnaliser la notion de "délégation de services (informatiques)". Rappelons que nombre d'institutions publiques (mais on pourrait faire la même analyse pour le secteur privé) se sont déjà engagées sur une pente glissante en confiant leurs contenus à des prestataires externes, et en se coupant - in fine - d'une grande partie de leur public (l'exemple le plus frappant me semble être celui de Google Books). Si en plus des contenus, elles externalisent durablement (l'externalisation durable et persistante étant le principe au coeur de la délégation de service qu'autorise l'informatique distribuée), si, disais-je, elles externalisent également leurs services ... elles ne devront pas s'étonner de se trouver un beau jour sans public, et donc sans légitimité, sans raison d'être. Une question qui est d'autant plus d'actualité que les grands acteurs du cloud computing (Google et Microsoft) entrent chaque jour un peu plus dans l'université, dans l'institution (la preuve sous les deux liens précédents).
  • Voir également sur le sujet du Cloud Computing en général, un (déjà ancien) billet de Louis Naugès, qui fixe bien le problème et les enjeux du Cloud Computing. Sans oublier, bien sûr, l'article "fondateur" d'Hervé Le Crosnier.
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Le petit lien du Week-End

ven, 10/03/2008 - 16:05

Un petit lien qui ne sert à rien (mais c'est pas grave, c'est le principe).
Une jolie représentation interactive fractale en 3D.

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On a perdu la 71ème section !!

jeu, 10/02/2008 - 09:45

Dans la suite logique de mon avant dernier billet (mais cela m'avait échappé), l'AERES a publié en Juillet 2008, LA liste des revues scientifiques du domaine des sciences humaines et sociales. Oui mais voilà : des Sciences de l'information et de la communication (alias la 71ème section) ... nulle trace !!! Donc de deux choses l'une : soit les sciences de l'information et de la communication ne font pas (plus ?) partie des sciences humaines et sociales (auquel cas il faudrait nous en avertir et nous expliquer pourquoi ...), soit ben ... soit c'est un oubli et c'est pas très sérieux ...
En attendant on pourra toujours se replier sur la liste (très franco-française, très restreinte et sans distinction de rang) du site du CNU. A moins que l'on n'apprenne dans un prochain rapport de l'AERES que le CNU de la 71ème section a été dissous.

<Update du soir> Vérification faite, la 71ème section n'est pas la seule manquante. Et concernant celles (les sections scientifiques) qui y sont représentées, on observe également des modalités d'évaluation différentes. Essayons d'y voir plus clair parmi ces modalités d'évaluation des chercheurs en sciences humaines et sociales ... En gris dans ce billet, un petit bonus sur ce que la constitution des modes d'évaluation d'une discipline nous apprennent ... de la discipline elle-même :-)

Droit : Pas encore de liste. comme l'explique justement le préambule de l'AERES, le droit est une discipline particulière. Donc pas de liste de revues, mais l'appel à constituer une liste de revues choisies par des "experts" (lesquels ? En provenance des CNU ?) en fonction des critères suivants :

  • La "gouvernance" éditoriale de la revue (critère 1) = 5 points répartis comme suit : Existence d’un comité de lecture [2 points], Composition du comité de lecture [1 point], Procédure de sélection des articles [0, 1 ou 2 points]
  • Diffusion et visibilité de la revue (critère 2) = 3 points (il s’agit d’un plafond) ; il faut satisfaire trois des cinq critères suivants : L’ancienneté de la revue, Diffusion sur Internet, Régularité éditoriale, Constance du niveau scientifique moyen, Présence de contributions et/ou de résumés en (au moins) une langue étrangère
  • La qualité scientifique de la publication (critère 3) = 12 points répartis comme suit :
  • L’originalité scientifique (il faut satisfaire deux des trois sous-critères suivant) : Valeur ajoutée scientifique (0, 3 ou 6 points), Transversalité (1 point), Diversité bibliographique / innovation méthodologique (1 point)
  • Le degré d’approfondissement scientifique (0, 2 ou 5 points)

Et voilà. Quelques additions plus tard on obtiendra : Une classification en trois groupes : A (supérieur à 15 points), B (entre 7 et 14 points), C (inférieur à 7 points). Moralité : c'est pas les qualifications pour le championnat du monde de la déconne. C'est du DROIT. Carré. Mathématique. Force critère fait loi.

Sciences politiques : La liste des revues est constituée.
Par qui l'a-t-elle été ? Par "2 représentants de l’Aeres ; 2 représentants du CNU section 04 ; 2 représentants de la section 40 du Comité national du CNRS ; 2 représentant de l’AFSP ; 2 présidents de comités de visite Aeres." Et d'ajouter : "Les principales institutions et associations disciplinaires ont donc été parties prenantes de l’élaboration du classement." Moralité : on décide en haut mais comme on vous dit qu'on a consulté des gens représentatifs, ben ... vous avez rien à dire. Sciences "politiques" donc :-)

Côté psycho : la liste est également constituée. La psychologie fait partie des champs les plus "avancés" dans le domaine de l'évaluation. Elle est également très gâtée par la profusion des revues relevant de son champ ... Comment l'a-t-telle été ? "La commission conjointe AERES/CNRS/CNU (...), en présence du représentant de l’AERES, a établi une première classification des revues de psychologie. Son travail avait pour objectif de proposer aux comités d’évaluation de l’AERES, aux responsables des unités de recherche (UMR et EA) et à la communauté des enseignants-chercheurs et chercheurs en psychologie un outil commun d’évaluation et d’auto-évaluation des publications sous forme d’articles scientifiques." Moralité : en psycho, on est psychologue. Des grands pontes se réunissent, décident, ET (c'est là qu'on voit la psychologie ...) proposent leur décision aux moins grands pontes et aux enseignants-chercheurs lambda en incluant les notions eminemment psychologiques "d'outil commun" et "d'auto-évaluation" pour laisser à ces derniers (les enseignants-chercheurs lambda) l'impression qu'ils gardent un peu la main sur leur avenir. L'important c'est d'y croire.

Economie / Gestion : la liste est constituée. Et qui c'est-y qui l'a constituée ? "La liste (...) est, après concertation avec plusieurs instances, celle proposée par le comité national de la recherche scientifique (section 37)." Moralité : ben ... c'est de l'économie ... on va pas non plus perdre du temps (donc de l'argent) à consulter des gens et à leur demander leur avis. Y'a des instances de régulation (la section 37 du CNRS), et elles font leur boulot (sinon on les vire).

Sociologie / Démographie : la liste est constituée. Comment et par qui ? "La liste de revues de sociologie a été établie avec le concours d’une vingtaine d’experts qui ont travaillé plusieurs mois (un sociologue qui dit ou écrit un truc sans avoir travaillé plusieurs mois est un démographe), en prenant pour point de départ le travail initial réalisé par le CNRS en 2004. Au terme de ces échanges une réunion a rassemblé quelques experts, le président de la section 19 du CNU (un sociologue respecte la pyramide des âges et des pouvoirs ainsi que le cercle vertueux des réunions qui concluent des échanges lesquels préfigurent eux-même souvent la nécessité de la tenue de réunions qui ...), les représentants de la direction SHS du CNRS qui avaient de leur côté procédé à un travail similaire et les représentants de l’AERES. (un sociologue aime bien laisser les gens travailler pour ensuite leur faire valider son travail à lui)"

Sciences de l'éducation : y'a une liste constituée ... mais y'a aussi surtout l'indication que la constitution de cette liste s'est faite dans la douleur et sans l'assentiment des parties prenantes (sauf l'AERES). C'est en tout cas ce que veut dire la "Déclaration commune Présidents des Comités de visite AERES et de la Présidence et Vice-Présidence du CNU (Sciences de l’Education 70e section)" Moralité : les sciences de l'éducation sont fans du méta-discours. Mais au moins leur CNU dit qu'il n'est pas d'accord et qu'il y a déjà des listes de revues qui sont constituées, et que de toute façon c'est tout pourri ce truc d'évaluation parce qu'on voit bien que c'est les individus qu'on évaluera au final et pas simplement les "structures" comme le dit l'AERES. Bref, le CNU de 70ème section dit des (méta)trucs. Ca changera rien au résultat, mais au moins il l'aura dit.

Philosophie, Histoire des sciences : la liste est constituée. Et là, là ... là on sent bien que les philosophes et autres épistémologues sont des gens craints par les instances décisionnaires de l'AERES. En effet, autant le texte explicitant les critères et les modes de choix pour les autres disciplines (cf les petits extraits ci-dessus) ne s'embarassait pas de trop grandes précautions oratoires, autant celui destiné aux philosophes et épistémologues est à hurler de rire tellement chaque argument avancé est aussitôt suivi d'une atténuation visant à en restreindre toute la portée effective. Jugez-vous même : "Il s’agissait, de façon toute provisoire, d’établir un outil destiné aux comités d’évaluation de l’AERES (...)", " Il s’agissait également de reprendre les listes ERIH, déjà utilisées par certains évaluateurs, et fréquemment contestées ( ...)", "Les représentants de l’AERES sont conscients des difficultés et objections (...)", et encore "Cette liste est donc publiée à titre d’essai, et munie d’un certain nombre de précautions d’usage" ... Je m'arrête là ... mais vous aurez compris la moralité : "Faut pas faire chier les philosophes, ni les épistémologues. Ils seraient capables de nous mettre le cochon de la discorde dans le maïs de l'évaluation."

Pour les disciplines ci-dessous : Rien de rien ... ni sur le pourquoi du choix des revues. Ni sur ceux qui les ont choisies.

Restent donc les disciplines dont l'AERES n'a apparemment pas eu le temps de s'occuper ...

  • Sciences et techniques des activités physiques et sportives (la gym quoi). Rien de rien. Le peu que je connais de ce champ me laisse croire que ses chercheurs publient généralement dans des revues relevant des sciences de l'éducation ou de la sociologie (du sport). Ceci étant, la section 74 n'apparaît pas, en l'état, comme évaluable. Donc évacuable ?
  • Langues et cultures régionales (section 73). Pas évaluable ... donc évacuable ?
  • Arts : plastiques, du spectacle, musique, musicologie, esthétique,       sciences de l'art (section 18). Pas évaluable ... donc évacuable ?
  • Littératures (ancienne, comparée, slave, balte, romane, anglaise ... sections 8 à 15) : Pas évaluables ... donc évacuables ?

Et restent enfin deux cas particuliers dont on appréciera le rapprochement à sa juste valeur :

  • celui de la Théologie et Sciences religieuses (sic). Pas de liste (enfin si mais à partir d'autres listes d'autres champs ...). Pas de page. Moralité : Dieu est mort.  :-)))))))))
  • celui de mes chères SIC (sciences de l'info et de la comm). Comme pour la Théologie, la page est créée (Dieu créa la page ...) mais elle est vide. Donc c'est (peut-être) prévu. Mais c'est surtout pas fait.

Moralité ??

Post-scriptum : Si vous êtes perdus dans les sections, reportez-vous ici. Pour les collègues qui se réveilleraient soudainement, l'application de ces principes est effective à l'entrée dans votre quadriennal. Pour être considéré comme publiant, vous devez avoir 2 publi en 4 ans si vous êtes enseignant-chercheur, ou et 4 publis en 4 ans si vous n'êtes que chercheur (dans des revues de rang variables selon votre discipline).

</Update du soir>

</Update de quelques jours plus tard> En ben voilà ... ça n'aura pas trop tardé ... "Pour le retrait complet et définitif de la liste des revues de l'AERES". Fermez le ban. Pour ceux que cela intéresse : OUI j'ai signé la pétition. Et pourtant OUI je suis pour l'évaluation, OUI je considère que c'est un minimum de pouvoir disposer, champ par champ, d'une liste de revues françaises ET internationales classées par rang. Et OUI je considère qu'établir ces listes de revues à la va-comme-je-te-pousse, sans concertation, tantôt en consultant les CNU, tantôt sans les consulter, tantôt en consultant d'autres instances, tantôt sans consulter personne ou presque, avec une méthodologie plus qu'approximative et différente dans chaque champ, OUI je considère que les éléments rappelés ci-avant sont autant de raisons suffisantes pour signer ladite pétition</Update>

(Temps de rédaction de ce billet (incluant l'update) : 3 heures)

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La polygamie est génétique.

jeu, 10/02/2008 - 09:04

"The spitoon". Littéralement "le crachoir" est une lecture très instructive. Il s'agit du blog "corporate" de la société "23andMe", dont je vous ai souvent parlé, et qui est spécialisée dans le séquençage du génome pour les particuliers. Pourquoi une lecture instructive ? Parce que l'un de leurs derniers billets est tout simplement intitulé : "Empreintes génétiques de la polygamie". Et ben oui. Vous ne le saviez pas, mais la polygamie est génétique. L'argumentaire est exactement le même que celui de Sergei Brin annonçant l'autre jour sa maladie de Parkinson : on prend un article ou une étude scientifique sérieuse. Et on extrapole. De chaque hypothèse, on fait une certitude. L'article scientifique n'indique évidemment jamais que la polygamie est génétique. Il démontre même l'inverse. Il étudie le polymorphisme du chromosome X est propose la polygénie dans certaines populations et certaines cultures comme  une hypothèse expliquant certaines de ces variations de forme. Une fois cela mouliné dans la machine à décérébrer biotech le billet du crachoir, cela devient : "il y a un gène de la polygamie", sous-entendu : contactez-nous et nous vous dirons si vous l'avez ou non. Naturellement, 23andMe ne propose pas à la fin de son billet de faire votre profil génétique de polygame. Tout simplement parce qu'ils en sont incapables, et surtout parce que cela est impossible. Mais l'essentiel (pour eux) est fait : après lecture de leur billet, sans bien sûr prendre le temps d 'aller lire l'article scientifique mentionné, vous aurez intégré le fait "qu'un article scientifique établit une origine génétique de la polygamie". Votre conscience vous titillera un peu moins la prochaine fois que l'homme marié que vous êtes reluquera en plein rue une blonde acidulée au décolleté plongeant ("mince, revoilà mon gène de polygame qui se manifeste"), et surtout, surtout, vous serez devenu un énième client pour l'essor de ces sociétés biotech.

Le plus dangereux dans tout cela ? La banalisation de ce genre de discours. Souvenez-vous de ces chefs d'état affirmant leur "croyance" dans l'origine génétique de la pédophilie. Et maintenant fermez les yeux et imaginez ... imaginez qu'un chef d'état soit l'ami d'un capitaine d'industrie (exemple). Imaginez que ce capitaine d'industrie soit le mari (et le principal financeur) de la gérante d'une société biotech de séquençage personnalisé du génôme (exemple). Imaginez enfin que l'on puisse vivre dans une société dont le ministre de l'immigration veut instaurer des test ADN pour les immigrés (exemple). Et maintenant ... je vous laisse imaginer la suite.

(Temps de rédaction de ce billet : 1h30)

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Je mesure donc je publie ...

jeu, 10/02/2008 - 05:48

Publish or perish. On parle beaucoup ces derniers temps de scientométrie et d'évaluation de la recherche.
Concernant la réforme des universités tout d'abord. Le dernier rapport de l'AERES met les labos de recherche des universités en ébullition : chacun compte ses publis et les publis de ses collègues et autant vous dire que si l'effet recherché par cette grille de lecture était de déclencher une saine émulation, c'est parfaitement raté ...
Même au CNRS (où les gens ont le temps de publier ... ce qui est hélas de moins en moins le cas à l'université, tâches administratives et d'enseignement obligent), l'heure est à la fronde. Voilà pour l'agitation "politique" autour de l'évaluation. Côté scientifique, plusieurs articles et rapports permettent d'avoir une vue plus claire de la situation :

  • "The first mover advantage in scientific publication", publié au début du mois sur ArXiv, montre que quel que soit le champ scientifique concerné, les modèles mathématiques sous-jacents à l'évaluation du facteur d'impact offrent une très nette prime au premier entrant. Un article publié au début d'une thématique scientifique recevra, de toute façon, un nombre significativement plus élevé de citations que les autres. Prime à l'antériorité donc, qui n'est pas nécessairement synonyme de qualité.
  • "Characteristics of Open Access Web Citation Network: A Multidisciplinary Study, presented at COLLNET 2008 (Berlin, July 28-August 1, 2008)"(.pdf) s'intéresse à la manière dont sont cités les publications des journaux en Open Access. Voir le compte rendu de Gabriel sur Urfist Info.
  • La VRS (Vie de la recherche scientifique) publie un numéro dont le dossier central est consacré aux questions d'évaluation : n⁰374 (.pdf). Voir aussi le compte-rendu qu'en fait l'un des auteurs sur son blog.
  • Un numéro entier de la revue Ethics in Science and Environmental Politics est là encore consacré à l'évaluation et aux indicateurs. L'ensemble des articles de ce numéro sont disponibles en accès libre. J'en retiens principalement 3. Primo : "Challenges for scientometric indicators: data demining, knowledge flows measurements and diversity issues" (.pdf) qui plaide pour un "déminage" des données bibliométriques (jolie référence au "data mining") et une ouverture à de nouveaux indicateurs rendant compte de la dynamique actuelle et des nouveaux modes de publications. Deuxio : "Google Scholar as a new source for citation analysis" (.pdf) qui montre la relative priximité des métriques issues de l'ISI (facteur d'impact) et le service offert par Google Scholar (en écho, on pourra relire mes propres considérations sur le sujet). Tertio : "Validating research performance metrics against peer rankings" (.pdf), de Stevan Harnad. Il y revient sur les "promising new online
    metrics such as download counts, hub/authority scores and growth/decay chronometrics" et revient sur l'opportunité offerte par le "UK Research Assessment Exercise 2008" (évaluation nationale de la recherche au Royaume-Uni), programme dans lequel "a full spectrum of metrics can be jointly tested, field by field, against peer rankings."

Et puis si vous n'avez pas le temps pour toutes ces lectures, alors n'en faites qu'une seule : "Du mauvais usage de faux-indicateurs" (.pdf) : une note de recherche passionnante de Yves Gingras dont je vous livre quelques extraits de la conclusion :

Et plus loin :

(Temps de rédaction de ce billet : 1h15)

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Recherche vers le futur ...

mer, 10/01/2008 - 03:49

A l'occasion de ses 10 ans, Google met en place un petit outil qui vous permet de fouiller le web ... d'il y a dix ans. L'occasion d'un petit exercice d'ego-surfing toujours instructif.
==> 6 résultat en 2001 (dont certains assez croustillants ...)

==> 11 500 résultats en 2008 (dont certains toujours aussi croustillants mais très très très loin dans les pages de résultats)

Au final un petit gadget sympathique mais qui est également la meilleure preuve que "Tout ce vous avez dit ou écrit sur Internet durant les 35 dernières années pourra être utilisé contre vous."

(Via Zorgloob)

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Séminaire Inria : IST 2008

mar, 09/30/2008 - 16:36

De retour de Dijon ... Mon diaporama est visible et téléchargeable sur SlideShare.

Le chapitre paru dans l'ouvrage "Métadonnées : mutations et perspectives" est disponible dans ArchiveSic.

  • Ertzscheid Olivier, "Moteurs de recherche : des enjeux d'aujourd'hui aux moteurs de demain", in Métadonnées : mutations et perspectives, Collection : Sciences et techniques de l'information, pp.59-89, 2008. <en ligne> http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00325690/fr/

30 pages, 3 heures d'intervention lundi après-midi.
L'ouvrage complet est une mine, et je dis pas ça parce que j'étais invité ;-) La preuve ? Il m'a tenu éveillé durant les 7 heures de mon retour en train, ce qui est un signe incontestable d'intérêt.
Juste un petit regret pour ce séminaire : son tarif est prohibitif pour que les universités y soient représentées. Seuls les grands organismes de recherche français peuvent payer ce truc-là à leurs chercheurs et responsables de documentation. Et de fait, à de trop rares exceptions près, il n'y avait là que des gens (forts sympathiques par ailleurs) de l'INRIA (organisateur), du CNRS, de l'INSERM, de l'INRA ...  Ce serait pourtant important que vu la richesse et la qualité des intervenantes (enfin celles que j'ai entendues), les cours puissent être diffusés en vidéo sur Internet.
Merci en tout cas à Lisette Calderan de l'INRIA pour l'invitation et pour l'organisation.

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Teasing INRIA : IST 2008 (4)

dim, 09/28/2008 - 17:28

Bon d'accord, promis après çui-là j'arrête ...


Et soudain ... c'est le drame !

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Teasing INRIA : IST 2008 (3)

dim, 09/28/2008 - 16:20

Et de ça aussi ...

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Teasing INRIA : IST 2008 (2)

dim, 09/28/2008 - 15:18

Et aussi de ça ...

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Teasing INRIA : IST 2008

dim, 09/28/2008 - 14:14

Voila de quoi je vais causer ...

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Le petit lien du Week-end

ven, 09/26/2008 - 16:20

"Je m'appelle professeur Wikipedia". C'est ainsi que commence une vidéo amusante qui se terminera par l'arrivée du professeur Britannica. Mais je ne vous en dis pas plus :-)

(Via l'indispensable et quasi-exclusive source de ces petits liens du Week-End : BienBienBien)

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Message de service

jeu, 09/25/2008 - 16:42

On me signale depuis hier des bugs sur les 3 fils RSS d'Affordance. Les problèmes se produiraient dans Sage (je confirme) et dans Netvibes (sous Safari). Pas de souci en revanche sous GoogleReader. Je vais m'y pencher et j'ai mis le support Typepad sur le coup, mais sans succès pour l'instant. Donc n'hésitez pas à signaler d'autres éventuels problèmes (et solutions ...) en commentaires.

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Caaapitaine Flam tu n'es paaas, de notre ...

mer, 09/24/2008 - 15:27

Galaxie. "Galaxie" c'est le nom de la future plateforme qui servira à gérer la publication des postes d'enseignants-chercheurs, et le recrutement qui s'en suit. Le site du Ministère nous indique que l'application GALAXIE est :

  • "destinée à assurer une information transparente sur les emplois d'enseignants-chercheurs. GALAXIE a pour objectif de mettre en œuvre le nouveau mode de recrutement prévu par la loi sur l'autonomie des universités qui les autorise à recruter au fur et à mesure de la vacance d'un emploi."

Et plus loin :

  • "Le site permettra d'avoir une vision d'ensemble, sur tout le territoire, tout au long de l'année, des emplois publiés. L'application GALAXIE dispose également d'un système d'alerte permettant aux personnes inscrites sur une liste de diffusion d'être prévenues dès lors qu'un emploi correspondant à la section, à la discipline souhaitée sera publié. Dans un souci de transparence, il sera, par exemple, également possible de publier sur l'application GALAXIE : la composition du comité de sélection constitué pour recruter sur un emploi donné, le nom et le profil de la personne finalement recrutée."

L'ouverture du site est annoncée pour le début du mois de Novembre. Je regrette juste :

  • le logo improbable dessiné sous Paint avec l'orteil droit d'un poney (improbable donc)
  • que la publication de la composition du comité de sélection (rappel : les comités de sélection remplacent les anciennes commissions de spécialistes) ainsi que le nom et le profil du candidat retenu ne soient pas obligatoires mais seulement "également possibles". Dommage aussi qu'on ne puisse pas y publier le nom des personnes auditionnées (m'enfin là, vous me direz, je pense qu'on va bien rigoler - jaune - avec les premiers recrutements des comités de sélection ...)
  • que venant d'un ministère qui pratique, à raison, la chasse au plagiat, le même Ministère omette de citer, sinon ses sources, du moins l'existence d'initiatives individuelles qui démontrent tout l'intérêt d'ouvrir le processus de recrutement à des logiques de collaboration et de transparence. Bref, dommage que Baptiste Coulmont et son Wiki audition ne soit pas ici remerciés (ils avaient déjà été oubliés, avec quelques autres, dans le rapport Schwartz

Bref, voilà bien toute la logique de la politique gouvernementale qui transparaît derrière cette nouvelle plateforme : on nous propose un dispositif qui va indiscutablement contribuer à atténuer l'opacité actuelle du processus de recrutement à l'université, mais quelques mois avant, on a pulvérisé les rares garde-fous qui permettaient encore de ne pas assimiler totalement les commissions de spécialistes à des mafias endogames. J'entends déjà ...

  • Valérie P. : "Nous avons rendu transparent le processus de recrutement"
  • Un Contradicteur : "Ben oui mais ... entre-temps, le problème s'est déplacé en amont, puisque parmi les gens qui vont effectuer le recrutement, il n'y en aura plus aucun d'élu !! Ils seront tous nommés par le président de l'université !! C'est à dire que les copains du président recruteront les candidats du président !!!"
  • Valérie P. "N'empêche que grâce la politique voulue par Nicolas Sarkozy, le processus de recrutement sera plus juste, plus transparent. C'est plus transparent."
  • Un contradicteur : "C'est plus transparent mais c'est moins démocratique."
  • Valérie P. "Oui mais c'est plus transparent"
  • Un contradicteur : "Oui mais c'est moins démocratique"
  • Valérie P. "Oui mais c'est plus transparent"
  • Un contradicteur : "Oui mais c'est moins démocratique"
  • Ad libitum.

Allez, on en reparle bientôt ... quand tout cela sera opérationnel. En attendant, pour les nostalgiques de l'ancienne plateforme de recrutement (ANTARES pour les intimes) je vous oblige (si, si) à aller lire l'excellentissime Kalai Elpides.

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